mardi 8 septembre 2015

Les ateliers d'écriture d'Élisabeth Vonarburg

     J'ai réalisé récemment ne jamais avoir écrit à propos des ateliers d'écriture d'Élisabeth Vonarburg; il serait plus que temps :oP Voici donc les épisodes anecdotiques qui ont, pour moi, tout changé :)

     Édité le 9 sept. 2015: un ÉNORME MERCI à Élisabeth Vonarburg qui prend (et garde!) les photos des ateliers; ça m'a permis de démêler plusieurs dates qui ont été flouées par le temps. :oP J'ai donc corrigée le tout au lendemain du poste original de ce billet, à la réception des photos que j'ajoute avec la bénédiction de ladite Élisabeth (elle me chicanerait si je disais "Madame", my god! :oP )

     Et en parlant autant d'Élisabeth, j'ai aussi réalisé que je n'avais pas de photos d'elle, de cette époque (et même après! je n'en ai pas beaucoup...), et comme elle est au centre du sujet, la voici donc:


Boréal 2011

Boréal 2013
Boréal 2013



Découvrir l'atelier d'écriture

Francine Pelletier, Boréal 2015
     En 2004, j'ai reçu les refus pour ma deuxième tentative de roman (le premier fut refusé en 1994 quand j'avais 16 ans). Plutôt que d'être complètement démoralisé, complètement abattue et remettre en cause ma "carrière" d'écrivain comme la fois précédente, je me suis plutôt demandé pouquoi? Qu'est-ce qui fait qu'un manuscrit est accepté et qu'un autre ne l'est pas. Qu'est-ce que ça prend pour passer la barre de l'écriture professionnelle?
     J'ai donc communiqué avec les personnes qui m'ont envoyé les refus. Et comme à cet époque, l'internet n'est pas ce qu'il est aujourd'hui, ce fut fait par courrier conventionnel (ayoye!)
     La première place ne m'a jamais répondu. Tant qu'à la deuxième (qui était Alire), une certaine et très aimable Mme Francine Pelletier m'a répondu ceci (lettre signé le jeudi 4 novembre 2004):



     Cette lettre est un pivot important. J'ai commencé à écrire très jeune, mais toute seule de mon côté, sans aide ni même avoir un orteil dans le milieu, j'étais encore moins qu'une ermite errante dans le noir. Par contre, le Congrès Boréal 2004 venait tout juste de se terminer. J'ai dû attendre toute une année avant d'enfin pouvoir y assister.
    Enfin à mon tout premier Congrès Boréal (2005), j'ai rencontré Francine Pelletier en personne. Elle m'a accordée un long moment pour discuter en privé à propos de mon manuscrit (dont elle se souvenait; je m'en suis sentie très honorée et je lui ai grandement remercié :) ) J'ai aussi rencontré Élisabeth et demandé pour avoir une place pour l'atelier, et l'atelier venait tout juste de passer... J'avais encore manqué le bateau d'une semaine... La patience est une vertu que je dois assumer, mais je le fais souvent mal...
     Par chance, l'année suivante, le Congrès Boréal (2006) changeait ses habitudes, car au mois d'octobre, les étudiants étaient trop débordés pour y assister. Les dates ont donc changé pour le 5-6-7 de mai (ce qui fait qu'après avoir attendu un an pour mon premier, le second arrivait seulement six mois après, quel régale pour moi! :D ) L'atelier d'écriture se donnait donc, encore une fois, une semaine avant.

Premier atelier en 2006

     C'est par une belle fin-de-semaine de mai ensoleillé que j'ai retrouvé mon premier groupe d'atelier d'écriture, dans un petit local à l'Université Concordia. Les participants devaient écrire une nouvelle de 15 pages, se l'échanger par email; chacun devait lire les textes des autres et commenter, le tout avant le début de l'atelier. Je pense que personne n'a remis un texte de 15 pages; nous avions tous un texte entre 16 et 21 pages. Depuis ce groupe, Élisabeth avertie qu'elle ne lit plus passé la limite imposée... ;o)  L'atelier durait deux jours.

À gauche: Simon Charles, Éric Gauthier, Annie-Claude Hachez, au centre c'est moi, Maxime Pagé et Caroline Lacroix.
Deuxième rang (assis), à gauche: François Desharnais, Carine Saint-Pierre et Vincent Saint-Aubin Émard.

     L'expérience de cet atelier a été pour moi une plaque tournante, un point de non-retour. C'est là que j'ai rencontré ce qui allait devenir mes premiers bons amis « boréaliens », soit Caroline Lacroix et Vincent Saint-Aubin Emard et Éric Gauthier bien sûr, qui était assis à côté de moi :)
     Je me rappelle, toute novice que j'étais, j'écoutais ce que chacun avait écrit et lisait à haute voix, et Élisabeth qui nous «Non, non, non! Ce n'est pas ça!» et j'écoutais ce qu'ELLE écrivait. Et puis, la deuxième journée, j'ai eu un « eurêka » qui a tout changé. J'ai levé la main et j'ai dit:
      Si je comprends bien, ce que vous essayez de nous dire depuis deux jours, c'est d'arrêter d'être le 'reporteur' de nos histoires, pour devenir 'l'acteur' de nos histoires...
     – OUI! C'EST ÇA! MERCI!!!
     Apparemment, je venais de mettre les bons mots sur un concept fondamental et peut-être difficile jusque là à verbaliser, car la semaine suivante, lors d'un panel du Congrès Boréal (2006), Élisabeth l'a cité à toute l'assemblée (en prenant bien soin de me pointer du doigt comme l'auteure de cette citation). Je me rappelle encore comment tout le monde avait hoché la tête avec approbation, Joël Champetier et Yves Meynard assis ensemble qui se sont retourné pour me regarder. Est-ce nécessaire de mentionner combien exaltante toute cette expérience fut pour moi!? :D

Deuxième atelier en 2007

Caroline Lacroix et moi (Démie Lecompte)
     L'atelier, c'est facile de retenir les dates, car le dimanche, mon père se remariait (dit-elle, mais elle a trouvé le moyen de se tromper d'un an quand même et de tout mêler les dates quand même...;o) ) et donc, je n'ai assisté qu'à une seule journée sur deux. Caroline et Vincent étaient là.
    C'est aussi l'année que j'ai rencontré Philippe-Aubert Côté et Pascale Raud. Cet atelier a été un peu moins notable pour moi (le fait de manquer une journée n'aidant en rien), mais le mot de la fin fut que, ce qui figurait dans ma nouvelle était plus ou moins ordinaire, mais ce qui était rapporté comme anecdotique dans cette  histoire... aurait fait le show. Bref, ce qui était cool de ce texte, c'est ce qui n'y était pas. Une grande leçon tout de même ;o)

     Comme le témoigne cette photo, l'atelier se donne sur "papier"; on écrit, on imprime avant de partir, on lit les textes des autres et on écrit nos commentaires en rouge sur les copies que nous allons remettre à chacun. On revient avec 10 copies de son textes avec plus d'encre rouge et de noir ;o)

À gauche: Vincent Saint-Aubin Émard, Pascale Raud, Philippe-Aubert Côté, Simon Charles, Alexandre Lemieux (tout au fond de la table), Isabelle Piette, Mathieu Fortin, Carine Saint-Pierre, Caroline Lacroix et moi tout à droite.

Premiers "débouchés"

     En 2006, j'avais fait deux illustrations pour Brins d'Éternité (#13 & 14). À Boréal 2007, j'ai rencontré en personne Jean-Claude Dunyach (je l'ai rencontré "virutellement" par le forum de Bragelonne, à l'époque); il est même venu faire un tour chez-moi avant de retourner en France, moment intime où il a demandé à me lire. J'étais en train de réviser ma nouvelle en deux partie « La fontaine d'onyx » pour Brins d'Éternité, c'était tout ce que j'avais en main sur le moment. Dunyach – qui est passé maître dans l'art de tout raconter en peu de mots – m'a donné quelques trucs sur le vif pour alléger mes textes et les commentaires qu'il m'a fait sur ma nouvelle ont été intégré dans la version qui a finalement paru à l'été et l'automne 2007 (Brins d'Éternité #16 & 17).
    Tous ces numéros sont si anciens, ils sont non-seulement épuisés, mais ils ne figurent même plus sur le site de Brins d'Éternité ;o)

Congé maternité

    À l'automne 2007, j'étais de retour aux études (en herboristerie) en plus du travail et j'étais trop débordée pour aller à l'atelier d'écriture. Puis en 2008, j'étais au travail + études + enceinte de ma première... Puis en 2009, j'avais un bébé de 7 mois, j'allaitais et tout...
    2010, de retour au travail, c'était trop de laisser mon enfant à la garderie toute la semaine et de m'absenter toute la fin-de-semaine en plus... 2010 est l'année que j'ai finalement quitté mon travail. Mon premier but était de remettre mon porte folio et mes connaissances en infographies à jour pour tenter de me trouver un emploi dans ce domaine... Nous avons fait un voyage en France et en passant voir ma belle-famille (mon conjoint est français), nous avons aussi arrêté visiter Jean-Claude Dunyach dans son agréable temple du livre, quel beau souvenir. Quel homme charmant et accueillant ;)
   2011 on était en déménagement pour notre premier achat de condo, puis c'était devenu une évidence que notre fille avait des besoins différents. J'ai alors tous cessé pour devenir mère à la maison et donner tout mon attention à ma puce de 2½ ans qui peinait à parler.
     En 2012, je pense qu'Élisabeth n'en a pas donné (je regarde en diagonal mes emails...); elle était en plein projet de traduction d'un Guy Gavriel Kay et de toutes façon, j'étais sur le point d'accoucher de ma deuxième fille et c'était encore difficile de quitter ma première.
     En 2013, ma deuxième était encore trop jeune...

Jean-Claude Dunyach et ma première née, qui avait alors 21 mois, et moi-même, juillet 2010.

     Ce fut donc une tttrrrrrrrrrrrrèèèèèèèèssss longue absence du milieu de l'écriture pour moi; j'ai aussi manqué plusieurs Boréal. J'ai vu Caroline publier sa novella "Flyona", Philippe-Aubert a publié plusieurs nouvelles dans les Solaris et même remporté le prix Boréal 2011 pour la meilleure nouvelle (Pour l'honneur d'un Nohaum (Solaris 176)), et Le jeu du démiurge est sur le point de sortir; deux histoires qui sont en lien avec le monde imaginaire que Phil avait déjà introduit lors de l'atelier 2007; je l'attends depuis cet atelier, ce roman-là!!), Éric Gauthier a publié le magistral Montréel qui a remporté le prix Boréal, ainsi que le prestigieux Prix Jacques-Brassard en 2012 (anciennement connu sous le nom du "Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois"), Pascale Raud s'est vue admise dans l'équipe de Solaris et cette année, elle a pris la place de notre très regretté Joël Champetier (décédé plus tôt cette année :'( )
     Je suis très heureuse pour mes amis de les voir s'épanouir ainsi, mais je ne peux qu'avoir un arrière goût amer, car... je trouve que je n'ai pas eu la chance d'en faire plus pendant tout ce temps, et je trouve ça dur sur le moral et le sentiment d'accomplissement. Ma vie de mère m'a changée, mais je suis encore en soif de ma vie d'auteure! ;o)
     J'ai eu quelques moments ici et là pour travailler partiellement sur un projet d'écriture ou un autre. J'ai pu les envoyer à Élisabeth pour avoir son avis. Elle m'a signifiée à chaque fois que mon écriture s'était beaucoup amélioré avec le temps (ce n'est pas peu dire, venant d'elle!) Mais certains points de logistiques dysfonctionnels, ou des blocages personnels, ou simplement le manque de temps de ma part, ont fait que... ben, je n'ai rien terminé depuis. :o(
    Mais je n'ai pas arrêté, ça, jamais! Et j'ai encore plus de projets en tête que jamais! :)

    Dans un prochain billet: les ateliers 2014 & atelier 2015 :)






2 commentaires:

  1. Je vois qu'on a commencé Boréal la même année.. 2005, mon premier contact avec le milieu SFFQ en vrai, car la défunte liste SFboréal m'avait déjà permis des rencontres à distance.. que de choses vécues pour toi dans cet intervalle. La maternité est un défi que n'ont pas eu certains des collègues que tu cites, alors relativisons ! C'est beau de vouloir continuer sans attendre d'être à la retraite. Vivement de te lire ! :)

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    1. Merci Lily :)
      La maternité a en effet été un défi plus grand que je ne l'avais envisagé, mais je sais être à la hauteur. Je sais aussi que les premières années sont plus difficiles et qu'il ne m'en reste pas long avant que ma dernière s'assagisse (et j'essaie de ne pas trop me plaindre, car bien assez tôt, elles seront contentes que je ne sois pas là, misère!) :P

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