dimanche 13 septembre 2015

In memoriam: Joël Champetier

     Je suis en retard pour ce billet aussi, non pas par fainéantise, mais parce que ça faisait trop mal. C'est à peine moins douloureux de l'écrire 3½ mois plus tard... Le 30 mai 2015, Joël Champetier –  auteur de science-fiction, fantasy et fantastique québécois, rédacteur en chef et directeur littéraire de la revue Solaris et scénariste – est décédé à l'âge de 57 ans. (photo à droite, Joël Champetier au Congrès Boréal 2013).
     Peu de temps après Boréal 2014, nous avons su que Joël se battait contre une leucémie atypique et après avoir essayé presque tout, la maladie a eu raison de lui. (Photo que j'ai prise de Joël au Congrès Boréal 2013)

          On se rappellera de Joël au travers des titres « La taupe et le dragon » (1991) et lauréat du Prix Boréal 1992, « La peau blanche » (1997-2004), roman qui a été adapté en film par Daniel Roby en 2004, « Les sources de la magie » (2002) qui devrait être adapté en film d'animation, « Le voleur des steppes » (2007) et lauréat du prix Boréal 2008 et du Jacques Brassard (anciennement connu sous le nom du « Grand Prix de la de la science-fiction et du fantastique québécois ») et « RESET – Le voile de lumière » (2011), qui lui aussi être adapté en film si le financement existait au Québec pour un film de science-fiction... et de nombreuses autres œuvres (la liste quasi complète sur wikipédia (certains prix sont manquants sur cette page...)

     Joël a beaucoup écrit; il va de soi que son départ fait couler l'encre aussi. Plusieurs beaux hommages ont été rédigés sur le web, en voici quelques-uns que j'ai aimés:

     Je tenais à écrire quelque chose de personnel pour Joël aussi. J'ai dû attendre quelque temps avant de pouvoir le faire... Je commence tout juste à pouvoir regarder ses photos sans fondre en larmes.
     Je n'ai pas connu Joël autant que d'autres, je n'ai encore jamais envoyé de nouvelles à Solaris pour recevoir son mentorat, mais il a su toucher ma vie à sa façon bien à lui. Je l'ai rencontré dans les Congrès Boréal et c'est là que j'ai eu son mentorat, lors des tables rondes auxquels il participait, ainsi qu'en le lisant. Dans mes dix années de fréquentation des Boréal (interrompu pendant une période pour mon congé de maternité), je suis devenue tout de même assez intime avec Joël et son épouse Valérie pour avoir été invité plusieurs fois chez eux lors des "partys d'été" (je n'ai pas encore eu la chance d'y aller...), ainsi que pour aller le visiter à l'hôpital Maisonneuve dans ses moments les plus affaiblis.


 (Photo que j'ai pris de à Joël à Boréal 2011).


(Photo que j'ai prise à Boréal 2011, lors du lancement du livre RESET – Le voile de lumière. Ici, Joël nous lit les premières pages du livre)

     Joël était un gars simple, accueillant et "accessible". On pouvait toujours s'approcher de lui dans un corridor du Congrès Boréal pour lui demander conseil sur l'écriture, sur une méthode de travail, etc. et il nous accordait son temps volontiers. Et pour ces conversations intimes, je considère tout de même Joël comme un de mes parrains d'écriture. Je ne sais pas si c'est parce que ma mère, puis ma marraine, sont décédées du cancer dans les douze dernières années que le départ de Joël me touche autant...
     Pour moi, le Congrès Boréal change beaucoup des congrès d'infographie 3D que j'ai connue avant, où, si tu n'es pas connu du milieu, tu es comme un fantôme dans la foule. Au contraire, le milieu de la littérature SFFF du Québec est ouvert à la relève et incroyablement chaleureux et Joël, en étant le rédacteur en chef et directeur littéraire de la Revue Solaris, était l'un des grands piliers du milieu par son mentorat, son accessibilité, son ouverture, sa clémence, sa façon toujours très constructive de commenter les textes. La majorité des jeunes auteurs de la relève SFFF le considère comme un parrain d'écriture.


(Photo de Joël que j'ai prise alors qu'il reçoit, au nom de la Revue Solaris, le Prix Boréal/Aurora pour la « Meilleure ouvrage » en 2011).

     Joël n'a pu être présent au Congrès Boréal (2015); sa maladie le rendait trop fatigué. Nombreux parmi nous avait le cœur lourd de par son absence. Boréal n'est pas le même sans l'un de nom préféré... Une vingtaine de jours plus tard, nous avons été secoués par la nouvelle de son départ vers l'au-delà. Je ne peux pas parler pour tous les membres de la SFFF du Québec, mais pour moi, c'est un pilier du milieu qui s'en va et tout le reste est chancelant, le temps qu'on s'habitue à ce vide.

     Lors des funérailles qui avaient lieu dans la petite communauté de Saint-Sévérin (près de Shawinigan), la salle était pleine des membres de la famille et du milieu de l'écriture. La moitié des habitués du congrès était présent (et nombreux les autres qui auraient voulu s'y rendre, mais étaient retenus ailleurs) pour lui rendre un dernier hommage et pour soutenir sa conjointe, Valérie Bédard, elle aussi active au cœur de la SFFF du Québec et aimée comme notre « matante Valérie ». Ils n'ont pas eu d'enfants, mais je crois que nous sommes tous un peu leur « neveux et nièces par adoption affective ».
     La nièce de Joël y a interprété une chanson en son honneur et nous, on s'est tous resserrés, enlacés bras dessus, bras dessous, à pleurer sur l'épaule de l'autre. Le milieu de la SFFF est vraiment extraordinaire; je m'y sens chez moi, dans les bons souliers, à la bonne place. Et Joël, tu as été une des raisons pourquoi le groupe est aussi extraordinaire. Tu fais partie de ceux qui ont forgé le groupe, que le rend si accueillant, si simple, si chaleureux, si accessible. C'est tellement dur écrire cet article, my god...
     Toutes mes pensées vont pour toi Valérie; je suis désolée d'habiter si loin de toi et ne pas pouvoir être d'un plus grand réconfort... Joël, tu me manques tant. J'espère, où que tu sois, que tu te portes mieux que les dernières fois qu'on a échangées sur le web ou en personne...


Joël Champetier (1957-2015)
(photo prise à Boréal 2013)

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